
Un pont entre deux mondes
Dimanche soir, 5 octobre 2025, 1,2 million de téléspectateurs ont suivi sur France 2 la finale du GP Explorer, la course automobile imaginée par Squeezie (19,8 millions d’abonnés sur YouTube). Un record pour un programme issu du web, avec un pic à 1,6 million de curieux.
Au-delà du chiffre, c’est une bascule symbolique : la télévision va chercher l’audience qu’elle a perdue, en adoptant les codes de l’univers des créateurs de contenu.
Le pari du rajeunissement
Sur le circuit Bugatti du Mans, douze binômes de youtubeurs et streamers (Aminematue, Gotaga, Léa Elui, Anyme…) se sont affrontés sous les yeux de 80 000 spectateurs. À l’écran, 39,5 % des 15-34 ans devant leur télé suivaient la course, ramenant l’âge moyen de l’audience de France 2 à 46 ans.
Une opération réussie pour le service public, longtemps en mal de jeunesse, qui a trouvé dans la culture de l’influence un levier de reconquête.
Quand les influenceurs deviennent les nouveaux producteurs
Le GP Explorer n’est pas qu’un divertissement : c’est une production native du web, soutenue par des marques (Netflix, Lego, Samsung) et par une scénarisation digne d’un événement sportif professionnel.
France Télévisions y a vu l’occasion d’innover : 24 caméras embarquées, un plateau animé par Domingo et HugoDécrypte, et une narration rythmée, plus horizontale, plus “Twitch” que “JT”.
Un modèle hybride, entre télé et réseaux
En comptant France 2, France 4, france.tv et Twitch, 6,7 millions de Français ont vu l’événement. Sur la plateforme publique, 70 % des nouveaux inscrits avaient moins de 24 ans.
Côté annonceurs, des marques comme BoursoBank, Azzaro, Cupra ou Oral-B ont accompagné la diffusion. Résultat : 14 millions de vues cumulées sur TikTok, Instagram et X.
La télévision devient ici un amplificateur : elle ne domine plus le jeu, elle prolonge l’influence.
Une reconnaissance culturelle pour le web
Sur les réseaux, les réactions saluent cette légitimation : « Le GP Explorer sur France 2, c’est fou ! » ou encore « Un événement né sur YouTube qui résonne à la télévision ».
Ce dimanche d’octobre 2025 restera comme le jour où la télévision publique a cessé de regarder Internet de haut — et a commencé à s’y fondre.