
Dans un marché publicitaire mondial encore fragile, Publicis affiche une santé éclatante. Tandis que ses rivaux anglo-saxons peinent à redresser la barre, le groupe français dirigé par Arthur Sadoun s’impose comme le nouveau leader du secteur, porté par une stratégie fondée sur la donnée et l’intelligence artificielle.
Déjà numéro un mondial devant WPP et Omnicom, Publicis relève encore ses prévisions de croissance organique pour 2025. Le groupe vise désormais entre 5 et 5,5 %. À Paris, sa capitalisation dépasse 21 milliards d’euros, un niveau supérieur à celui d’IPG et d’Omnicom, deux géants américains sur le point de fusionner pour contrer la montée du Français.
« Nous n’avons constaté aucun ralentissement des investissements marketing de nos clients », assure Arthur Sadoun, confiant d’enchaîner une septième année de surperformance.
Un marché fracturé par l’intelligence artificielle
Le contraste est frappant avec WPP, ex-numéro 1 mondial, qui prévoit une baisse de 3 à 5 % de ses revenus cette année. L’écart se creuse entre les groupes capables d’intégrer l’IA et ceux qui peinent à suivre.
« Tout le monde peut utiliser OpenAI pour produire des vidéos à bas prix, mais l’enjeu est de toucher la bonne personne au bon moment et d’en mesurer l’impact », résume Sadoun.
Publicis fait partie des gagnants. Ses investissements dans la donnée (Epsilon) et la transformation numérique (Sapient) lui ont permis de bâtir un écosystème cohérent, mêlant médias, commerce et influence. L’agence profite d’un marché devenu si complexe que les annonceurs recherchent désormais un partenaire capable d’organiser leurs multiples outils et réseaux d’agents IA.
La stratégie du futur, pas celle des fusions
En août, Publicis a ravi à Havas le budget médias d’Orange, confirmant sa domination dans les appels d’offres. Selon JP Morgan, le groupe est le grand gagnant du « new business » mondial avec près de 6 milliards de dollars de nouveaux contrats sur les neuf premiers mois de 2025.
Pendant que ses concurrents se regroupent — IPG et Omnicom finalisent leur fusion — Publicis refuse la logique du gigantisme. « Ces opérations appartiennent au passé et ne visent qu’à réduire les coûts », tranche Arthur Sadoun. Le groupe concentre ses efforts sur l’acquisition de nouvelles compétences et sur l’innovation liée à l’IA.
L’intelligence artificielle, nouveau moteur de la publicité
En misant tôt sur la convergence entre technologie et création, Publicis récolte aujourd’hui les fruits d’une stratégie visionnaire. Là où d’autres cherchent encore leur place dans l’écosystème numérique, le groupe français s’impose comme un acteur hybride : agence, cabinet de conseil et laboratoire d’innovation à la fois.
La publicité de demain sera moins affaire d’inspiration que de précision. Et à ce jeu, Publicis semble avoir déjà pris une longueur d’avance.