
On pensait l’email mort et enterré, étouffé sous des tonnes de spams et de newsletters RH illisibles ? Raté.
Selon Le Figaro du 20 mars 2025, les newsletters font leur grand retour, drapées dans leur plus beau storytelling d’indépendance éditoriale. Substack compte 5 millions d’abonnés payants, les journalistes stars se lancent en solo comme d’autres ouvriraient une boulangerie bio en Ardèche, et même en France, la tendance bourgeonne sur des plateformes comme Kessel.
La newsletter serait donc la nouvelle utopie médiatique ? Disons plutôt… une tisane contre la gueule de bois algorithmique. Un retour au calme dans un monde qui scrolle trop vite.
Car aujourd’hui, vouloir s’informer sur TikTok, c’est comme lire Le Monde sur Voltron Nevera, le fameux grand huit d’Europa Park. Avec les newsletters, on revient à quelque chose de plus posé : un message, un ton, une voix. Une sorte de “soirée lecture au coin du feu” dans le grand open-space numérique.
Mais sous le plaid, la réalité pique un peu. Parce que tout le monde veut sa part du gâteau, sauf que le gâteau, c’est l’attention des gens — et ils n’ont toujours qu’un estomac. Alors on mitraille de contenus, on se félicite de 38 % de taux d’ouverture comme autrefois d’un 16/20 en philo, et on appelle ça bâtir une communauté.
La vérité ?
L’inbox est devenue un champ de bataille, avec des newsletters qui surgissent comme des pubs allemandes sur un feed Instagram : pas toujours au bon endroit, rarement au bon moment.
Côté business, c’est pareil : entre les abonnements et les “insertions vendues comme des petits pains” (le pain, ici, c’est souvent industriel), on sent poindre la grande confusion entre l’indépendance éditoriale… et l’indépendance conditionnée à un sponsor CRM.
Alors oui, la newsletter permet de “ne pas subir les algorithmes”. Mais à force de tous vouloir être notre propre média, on risque surtout de devenir notre propre écho.
Et comme souvent dans la com’, ce ne sont pas ceux qui parlent le plus fort qui gagnent, mais ceux qu’on écoute vraiment.