ChatGPT défie LinkedIn : la guerre du recrutement 2.0 est lancée.

image iA — Openai

Après avoir révolutionné nos conversations, OpenAI se rêve désormais en entremetteur professionnel. La start-up de San Francisco prépare le lancement, dès mi-2026, d’OpenAI Jobs Platform, un service censé réinventer la mise en relation entre talents et entreprises — surtout pour les petites structures et les collectivités, souvent laissées-pour-compte. la française (et sétoise) Fidji Simo, nouvelle directrice des applications, a vendu la mèche sur LinkedIn (ironie du sort), rappelant que chacun devra “apprendre à travailler différemment” à l’ère des modèles génératifs.

Problème : ce projet marche sur les plates-bandes de… LinkedIn, propriété de Microsoft. Et c’est là que l’histoire se corse. Microsoft n’est autre que le principal investisseur d’OpenAI (près de 14 milliards de dollars injectés) et distributeur exclusif de ses modèles jusqu’en 2030. Les discussions pour revoir l’accord patinent, d’autant qu’une clause prévoit une sortie en cas “d’intelligence artificielle générale” — rien de tel pour installer un climat de confiance.

Dans le même temps, OpenAI muscle son “écosystème RH” avec des certifications d’“aisance en IA”, déjà soutenues par Walmart, histoire de compléter son Academy maison. Mais cette promesse d’un marché de l’emploi optimisé par algorithmes tombe au moment où les inquiétudes montent : Dario Amodei, patron d’Anthropic, redoute la disparition de la moitié des jobs d’entrée et un chômage grimpant à 10–20 % dans les prochaines années.

Au fond, OpenAI vend une version “IA first” du recrutement, où tests et scores remplaceraient les vraies rencontres professionnelles. Séduisant pour les gourous du clic, peut-être. Mais l’influence et la confiance se construisent aussi ailleurs : salons, conférences, médias, écoles… Bref, ces espaces tangibles où un CV ne se résume pas à un algorithme. La mise en relation humaine restera toujours difficile à coder.

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