Meta(morphose) ou l’art de te faire les poches avec le sourire.

image iA — Openai

Je n’ai rien contre Mark Zuckerberg. Je veux dire, pas plus que contre une coloscopie surprise un lundi matin. Ce garçon, que la nature a doté d’un visage oscillant entre un lave-vaisselle connecté et un croque-mort sous Lexomil, vient de nous gratifier d’un nouveau chef-d’œuvre : entraîner ses intelligences artificielles avec nos données personnelles, parce que, voyez-vous, c’est pour notre bien.

L’Europe, dans un éclair de lucidité administrative, a pourtant pondu le RGPD, sorte de moustiquaire légale censée nous protéger des appétits carnivores des GAFAM. Mais voilà, Marky a trouvé la faille : l’intérêt légitime. Cette invention juridique merveilleuse qui autoriserait une multinationale à fouiller dans vos selfies de vacances sous prétexte que cela « reflète la culture européenne ». Non, Mark. Un mojito tiède à Cadaqués n’est pas une donnée stratégique. C’est une erreur de jeunesse.

Et comme Meta est joueur, il propose généreusement une option : si tu veux qu’on arrête de t’espionner, tu dois cliquer ici, là, puis là, signer avec ton sang. Le tout avant le 27 mai, sinon c’est foutu, mon chou.

Pendant ce temps, Meta pleurniche sur les Européens qui, ces rabat-joie, osent encore croire que leur vie privée n’est pas une crypto-monnaie à investir dans les rêves humides de l’IA générative. Quant à Zuckerberg, il continue son numéro de prestidigitateur : pendant que tu regardes Llama te générer un poème en alexandrins sur ton chat obèse, tes données, elles, font un aller simple vers la marmite algorithmique.

Alors oui, Meta se fout du monde. Mais il le fait avec un aplomb qui force le respect. Comme si un pickpocket vous tapotait l’épaule après son vol pour vous demander un avis Google sur sa prestation.

Et nous, pauvres primates connectés, on clique, on like, et on continue de nourrir la bête. Joyeux, dociles, et numériquement abusés.

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