Les stars de YouTube sont l’événementiel de demain

Quand les créateurs de contenu s’emparent de l’événementiel, les arènes se remplissent et les marques accourent. Squeezie, Inoxtag ou Michou transforment leur influence en spectacle vivant.

Du Mans à la Défense Arena, les plus grands lieux d’événements accueillent désormais… des youtubeurs. Squeezie, Inoxtag ou Michou déplacent des foules dignes des plus grands artistes. Derrière ce phénomène, une nouvelle économie du divertissement se structure, portée par les marques et la puissance communautaire du digital.

Quand les youtubeurs remplissent les stades

200 000 spectateurs au Mans pour le GP Explorer de Squeezie, 317 000 entrées en salles pour le documentaire Kaizen d’Inoxtag, 32 000 fans à la Défense Arena pour le DTR Fight de Billy : les chiffres donnent le vertige. En quelques années, les créateurs de contenu ont quitté les écrans pour investir la scène.

L’époque où les influenceurs se contentaient d’une diffusion sur YouTube ou Twitch est révolue. Désormais, leurs shows sont calibrés comme de véritables blockbusters : scénographie, décors, pyrotechnie et happenings live. « Les créateurs redéfinissent les codes du spectacle en inventant de nouveaux formats de divertissement », résume Céline Trioux, directrice marketing de Paris La Défense Arena.

Une industrie parallèle du live entertainment

Ces événements coûtent cher — jusqu’à 10 millions d’euros pour le GP Explorer — mais génèrent un retour sur image exceptionnel. Squeezie a d’ailleurs créé Bump, sa propre société de production, employant 50 personnes et gérant une soixantaine d’influenceurs.

Cette professionnalisation attire les acteurs traditionnels de l’événementiel comme Live Nation, qui observe ce marché avec intérêt. « Ils maîtrisent parfaitement les codes de la communication avec la jeune génération », souligne Matthias Leullier, vice-président de Live Nation France.

Les sponsors suivent : Samsung, Netflix, Azzaro ou BoursoBank figurent parmi les partenaires des grands rendez-vous de l’année, avec un ticket d’entrée à 500 000 euros pour figurer sur la grille de départ du GP Explorer.

Le cinéma, nouvel écrin du digital

Les créateurs n’envahissent pas seulement les stades : ils font aussi revivre les salles obscures. Avec son programme YouTube Ciné-Club, le groupe MK2 a fait du contenu en ligne un levier d’attractivité.
Diffusé en avant-première, le documentaire Kaizen a ouvert la voie. En septembre, Terminal, jeu d’aventure de Michou, a réuni 40 000 spectateurs dans près de 500 cinémas en Europe et au Maghreb. Même le Grand Rex affiche complet avec les émissions Twitch comme Culture Clash d’Étoiles.

Pour les exploitants, c’est une nouvelle source de revenus, les producteurs assumant le risque financier tandis que les salles louent leur espace pour plusieurs centaines de milliers d’euros. Une aubaine dans un contexte de fréquentation post-Covid en berne.

Des événements hybrides, entre réel et virtuel

Les plateformes y voient une opportunité stratégique. Ces expériences hybrides — à la fois show en live et diffusion en ligne — ouvrent la voie à une nouvelle économie du divertissement communautaire, où le public n’est plus spectateur mais participant.

Pour Webedia, qui accompagne nombre de ces projets, c’est un relais de croissance évident : production, logistique, billetterie, monétisation et data se croisent désormais dans un écosystème unique reliant influence, médias et événementiel.

L’événementiel, nouvelle frontière de l’influence

En transformant leur audience digitale en public réel, les youtubeurs prouvent qu’ils ne sont plus de simples influenceurs mais de véritables producteurs de divertissement.
Ces shows XXL ne se contentent pas de divertir : ils réinventent la relation entre marques, créateurs et fans. Le spectacle vivant devient un prolongement naturel de l’univers numérique.

Et demain, justement, pourrait bien s’écrire autant sur scène que sur YouTube.

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