
Un rapport conjoint de Data for Good, QuotaClimat et Science Feedback, publié le 22 octobre 2025, pointe du doigt plusieurs médias français accusés de diffuser des informations erronées sur le climat. En tête du classement : Sud Radio, CNews et Europe 1.
Les trois ONG, spécialisées dans l’analyse du traitement médiatique des enjeux écologiques, ont analysé dix-huit chaînes de télévision et de radio entre janvier et août 2025. Leur étude révèle 529 affirmations jugées fausses ou trompeuses sur le climat. Sur Sud Radio, un cas de mésinformation apparaît toutes les 40 minutes de programme d’information. Sur CNews, c’est toutes les heures.
Les ONG distinguent la mésinformation (erreur non intentionnelle) de la désinformation (volonté délibérée de tromper). Seules les affirmations non corrigées à l’antenne ont été comptabilisées.
Selon le rapport, 46 % des cas recensés dans les médias privés proviennent directement de journalistes ou chroniqueurs, tandis que dans le service public, 92 % des affirmations erronées viennent d’invités politiques. Parmi les bons élèves, M6 et RFI n’ont enregistré aucun cas de mésinformation climatique sur la période étudiée.
La publication intervient à quelques semaines de la COP30 au Brésil (10–21 novembre 2025). Les ONG veulent alerter sur la multiplication des messages trompeurs avant un rendez-vous mondial crucial pour le climat.
La désinformation se concentre souvent pendant les moments politiques et géopolitiques sensibles : élections américaines, débats sur les zones à faibles émissions, épisodes de canicule ou annonces sur la politique énergétique.
Comment ces données ont-elles été collectées ?
Les ONG ont utilisé des méthodes de veille automatisée et d’analyse sémantique pour repérer les propos trompeurs. Les données ont ensuite été validées manuellement par des experts du climat et du fact-checking.
« La bonne nouvelle, c’est qu’on peut désormais anticiper les pics de désinformation et former les journalistes en conséquence », explique Eva Morel, secrétaire générale de QuotaClimat.
La bataille du climat médiatique
Le rapport révèle un clivage croissant entre médias privés et publics. D’un côté, les chaînes généralistes comme TF1, M6, France 2 et France 3 apparaissent comme les remparts les plus solides contre la désinformation. De l’autre, certaines antennes privées sont devenues des espaces où les discours climatosceptiques prospèrent.
Au-delà des chiffres, cette étude interroge la responsabilité éditoriale des médias. Comment concilier liberté d’expression, pluralisme et rigueur scientifique ? À l’heure où l’intelligence artificielle permet de détecter les fausses informations en temps réel, le véritable enjeu reste la formation et l’éthique journalistique.